Ben ya du travail, c'est pas gagné d'avance. Vous allez voir pourquoi.
Un jour Patou nous demande : vous ne pourriez pas nous organiser une petite expédition-pique-nique avec le train de la Côte bleue, de l'Estaque à Martigues ? Ahhhhhh "expédition", qu'elle avait dit, comme le terme était bien choisi !
La date était fixée avec toute la troupe pour le 8 mai. On avait prévu de partir en convoi de Toulon jusqu'à la gare de l'Estaque, puis d'y laisser les voitures et de prendre le train. Mais où s'arrêter ? Il fallait voir sur place.
Nous voilà donc tous les deux, Francis et moi, partis en repérage ce 2 mai 2012.
On est bien préparés, on ne part pas le nez au vent : on étudie le projet sur le site de la SNCF, on attrape le prospectus avec les photos à la Gare de La Seyne, on vérifie les horaires en ligne, la météo, l'itinéraire avec Google Map, on prend le sac à dos, les bâtons de marche, la bouteille d'eau pour la mini-randonnée locale. Et roule ma poule.
Déjà, la Gare de l'Estaque, c'est loin et c'est pas engageant.

On parque la voiture, pas très rassurés. C'est un peu glauque. Et on se dirige vers le quai. Pas de guichet, juste les horaires affichés qui nous annoncent que le train vers Martigues est prévu à 10h48, dans 3 minutes. Sur le quai, 4 voyageurs, le ticket à la main, et un distributeur automatique. Vite, on y prend 2 tickets pour Carry-le-Rouet, départ d'une petite randonnée qui emprunte un morceau de sentier du littoral.
11h15, toujours pas de train en vue. Les autres voyageurs sont aussi interloqués que nous. Ils étaient là une demi-heure avant nous et nous assurent (avec sérieux, mouarf !!!) que le train n'est pas passé en avance.
A ce moment, un aimable quidam sort de la gare (on découvre alors qu'il y avaient des humains à l'intérieur) et nous demande ce que nous pouvons bien attendre : il n'y a pas de train aujourd'hui en raison de travaux sur la voie. C'est lui le chef et ce sont ses ouvriers qui sont sur la voie, donc il sait. "Ah, c'était pas affiché, pourtant ... " Il appelle de son portable la chef d'une des rares gares du secteur encore humanisée, Martigues, je crois. Il nous garantit, de sa part, que nous pourrons nous faire rembourser nos tickets dans n'importe quelle gare SNCF.
Que fait-on ? On va quand même explorer un peu, vu qu'on a mis 90 minutes pour faire les 80 kilomètres, on va voir plus loin. Nous reprenons la route, une route sans charme et sans intérêt et découvrons successivement les gares de Niolon


et de Ensues-la Redonne.

Toutes deux inhabitées et équipées du même superbe distributeur automatique de billets pour train fantôme.
On imagine combien cette expédition (merci Patou) aurait pu être pittoresque, car les calanques ne manquent pas d'intérêt.

Mais toutes les administrations se liguent contre les touristes (une sale race, je vous l'accorde) pour les bouter dehors. Après les misères infligées par la SNCF, voila-ti-pas que la commune d'Ensuès-la-Redonne y met aussi son grain de sel.

Beurk ! Dégoûtés nous étions. Quel accueil !
Nous sommes revenus directement à la maison, sans plus aucun arrêt , mais fiers d'avoir évité cette galère aux copains. Et je ne vous aurais pas raconté toutes ces misères si aujourd'hui je n'avais pas reçu au courrier la réponse de la SNCF à ma demande de remboursement des tickets (que j'avais faite par courrier, vu qu'à la gare de la Seyne, cela avait été refusé, malgré les promesses du chef de gare de Martigues).
ET BIEN LA SNCF REFUSE DE REMBOURSER !!!

Je ne suis pas sure que la SNCF ait tenu ses engagements:
NOUS ALLONS VOUS FAIRE AIMER LE TRAIN