BlackLand
Visitez BlackLand
Éphéméride
Mardi
21 Mai 2013

Bonne fête à tous les :
Constantin


Pensez à souhaiter un bon anniversaire à :

Yvonnick Biard le 24 05

Élysez moi

Voter pour mon site

Site classé : 15 ème stable

Connexion
Votre login :

Votre mot de passe :

Se souvenir de moi

Mot de passe perdu ?
Pas encore membre ?

Nombre de membres 23 membres

Connectés : 6

Nombre de membres 6 visiteurs
Nombre de membres 0 membre

Statistiques

429061 visiteurs

» Forum : 8
» Sujets : 15
» Réponses : 4

Ajouter aux favoris mailDialoguer par Skype

Recherche



Mon hébergeur
1and1 hebergeur vert
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
1 Abonné
Retour au vieux pays - La Bretagne accueille les Acadiens
Retour à la page précedente  Imprimer cet article  Lire au format PDF  Envoyer à un ami  Notre fils RSS    

En mai et juin 1763, les gabarres La Fauvette et l'Esturgeon débarquent sur les quais de Morlaix 384 Acadiens en provenance des ports anglais de Falmouth, Liverpool, Southampton et Bristol. Depuis sept ans, avec près de sept cents autres compatriotes, ils y étaient assignés à résidence. Scellée par le traité de Paris du 10 février 1763, la fin de la Guerre de Sept ans leur permet enfin d'échapper au triste sort qui les confine chez l'ennemi héréditaire. Mais quand ils foulent le sol breton, c'est dans un pays inconnu qu'il leur faut réapprendre à vivre.

Les Acadiens ? Une longue histoire, mouvementée, tragique, fertile en rebondissements. En 1524, le navigateur florentin Verrazzano baptise Arcadie, "en raison de la beauté de ses arbres", et en référence à la région pastorale de la Grèce ancienne, le littoral oriental de la côte américaine qu'il explore pour le compte de François 1er.

Mais il faut attendre 1604 pour que les choses sérieuses commencent vraiment. Cette année-là, un gentilhomme de Saintonge, Pierre du Gua, sieur de Monts, obtient de Henri IV le monopole du commerce des fourrures et le titre de "vice-roy au pays de Cadie". Il monte une expédition, qui comprend Samuel de Champlain, "géographe du roy", qui, quatre ans plus tard, va fonder la ville de Québec. En août 1605, sur le versant nord de l'actuelle Nouvelle-Ecosse, l'une des provinces maritimes du Canada, du Gua et ses amis fondent Port-Royal, premier établissement colonial durable au nord de la Floride. Deux ans plus tard, en 1607, les Anglais s'installent à Jamestown en Virginie et n'auront de cesse de chasser les Français de l'Amérique du Nord.

La reconquête de l'Acadie part d'Auray

Ce n'est qu'à partir de 1632-1635 que démarre la véritable colonisation française de l'Acadie. Entre-temps, le territoire a été annexé par les Britanniques. La reconquête part du port de Saint-Goustan, quand, le 4 juillet 1632, Isaac de Razilly, nommé gouverneur de l'Acadie par Richelieu, quitte le port d'Auray pour reprendre Port-Royal.

Originaires de Touraine, de l'Anjou, du Poitou -- en particulier du Loudunois --, les familles des colons s'installent, les Martin, Trahan, Le Blanc, Terriot, Landry, Granger, Boudrot, et tous les autres qui bâtiront l'épopée du peuple acadien.Contre vents et marées, en dépit de rudes conditions atmosphériques, contre la convoitise et la haine de l'Anglais, toujours à l'affût, mais grâce à l'amitié indéfectible des indiens Mic-Mac, ils affirment la présence française sur le rivage méridional de la baie Française (aujourd'hui de Fundy). A partir de 1670, des pionniers qui se nomment Terriot, Mélanson, Martin quittent Port-Royal et fondent des établissements plus au nord, Beaubassin, la Grand-Prée... Mais courage, travail, industrie, ne sont pas d'un grand secours face à l'ennemi qui ne désarme pas. Multipliant les raids sur l'Acadie, les Anglais pillent, brûlent, tuent. Malgré tout, les Acadiens s'accrochent à cette terre qu'ils ont créée de toutes pièces. A la fin pourtant, il leur faut rendre les armes. En 1713, par le traité d'Utrecht, l'Acadie devient anglaise, définitivement.

Le Grand Dérangement

Au départ, les Britanniques tolèrent cette population francophone et catholique, heureux de profiter du labeur de ces agriculteurs défricheurs qui ne ménagent pas leur peine. Les Acadiens bénéficient d'un statut de neutralité. Mais en 1755, un nouveau gouverneur, Charles Lawrence, décide de faire place nette. A l'automne 1755, alors que la France et l'Angleterre ne sont pas en guerre, il ordonne ce qui restera connu comme "le Grand Dérangement", en termes moins pudiques, la déportation du peuple acadien tout entier. Les Acadiens sont regroupés, embarqués de force dans des vaisseaux et dirigés sur les colonies anglaises de l'Amérique du Nord. Les villages, les fermes, le produit d'un siècle et demi d'efforts constants, sont entièrement brûlés, les terres rétrocédées à des colons britanniques. Sur une population acadienne de quelque 10.000 habitants, 7.000 sont déportés, les autres n'y échappant qu'en fuyant dans la forêt où les indiens les recueillent. L' «épuration ethnique» de l'Acadie entraîne la dispersion de ses habitants sur tout le littoral atlantique de l'Amérique anglaise. Les 1.200 Acadiens destinés à la Virginie connaissent un sort particulier. Comme la colonie refuse de les recevoir, ils sont finalement expédiés en Angleterre, où ils arrivent fin juin 1756.

78 familles à Belle-Ile-en-Mer

Sept ans plus tard, beaucoup d'entre eux sont accueillis en Bretagne, à Morlaix et Saint-Malo. A Morlaix, les 384 Acadiens sont sommairement logés dans des bâtiments militaires occupés par le régiment de Vermandois, alors en campagne. Mais que faire de ces pauvres gens, démunis de tout sinon de courage et d'espoir de recommencer une nouvelle vie ?Pendant deux ans, de nombreux projets sont échaffaudés puis abandonnés. Grâce aux efforts conjugués du gouverneur de Belle-Ile-en-Mer, le baron de Warren, et de l'aumônier des Acadiens, l'abbé Le Loutre, originaire de Morlaix, l'installation sur la grande île bretonne de 78 familles acadiennes (363 personnes) -- 57 en provenance de Morlaix, 21 de Saint-Malo -- est menée à bien. Les familles reçoivent des terres, afféagées par le roi, dont elles deviennent propriétaires, une petite maison qu'elles construiront en partie elles-mêmes, du bétail (une paire de boeufs, une vache, un cheval) et «six sols par jour que Sa Majesté a bien voulu leur accorder pour la subsistance et entretien de leurs familles».

La tentation de la Louisiane


Au fil des ans, la colonie acadienne de Belle-Ile va s'amenuiser. Plusieurs familles, de nombreux jeunes, quittent l'île, attirés par d'autres perspectives : l'installation à Lorient ou Concarneau, le départ, via Nantes, pour la Louisiane. Car, entre-temps, nombre d'Acadiens éparpillés dans les colonies anglaises d'Amérique, ont fini par se diriger vers une nouvelle destination, supposée accueillante, la Louisiane, alors espagnole et donc catholique. La tentation est grande pour les Acadiens dispersés en France, de retrouver parents, anciens voisins et amis, sur une terre, fût-elle inconnue, où, ensemble, ils pourraient repartir. D'autres tentent leur chance à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Guyane et même aux Malouines. Malgré les défections, de nombreux Granger, Le Blanc et autres Trahan ont fait souche sur Belle-Ile-en-Mer où leurs descendants composent une part importante de la population. Comme sont nombreux sur le littoral méridional de la Bretagne, ainsi qu'à Morlaix et à Brest, les Bretons qui ont des ancêtres acadiens. Au demeurant, la première association acadienne en France fut "Belle-Ile-Acadie", qui, de ce côté-ci de l'Atlantique, a réveillé la conscience de ce peuple. Désormais, un groupement régional, "Bretagne-Acadie", cultive le souvenir des heures sombres comme des périodes heureuses, tisse des liens, popularise le destin, douloureux et exceptionnel, de la vaillante communauté.

Les Cajuns de Louisiane

Après une longue période de sommeil, les Acadiens ont repris conscience de leur identité. Au Canada, l'Acadie perdure, non plus en Nouvelle-Ecosse, mais plus au nord, au Nouveau-Brunswick. A l'heure actuelle, le peuple acadien est majoritairement fixé dans trois régions : l'Acadie canadienne, la Louisiane où les Cajuns (déformation du mot Acadiens), avec beaucoup de ténacité et de mérite, maintiennent une présence francophone, et la France -- et singulièrement la Bretagne.

Serge Duigou © Le Télégramme 23/06/2001


Page lue 3890 fois


Réactions à cet article
react

par Katryne le 10/05/2009 @ 12:13
2e test de réaction via aio, mais avec l'icône de bas de page.
Le retour après la première réaction s'est opérée vers l'article dans sa présentation classique du guppy, et non pas vers la présentation aio d'où j'étais partie.

par Katryne le 10/05/2009 @ 12:11
Test de réaction à La Bretagne accueille les Acadiens, via l'icône "réagir à un article" de AIO


Sixième métier : conducteur d'engin Mélusine : la rencontre L'origine des métis au Québec Souvenirs de famille Recensements acadiens Julot La lignée des Bourdin Monsieur Maurice La libération de Coulignan La résistance du Père Fauchereau Et si l'Amérique avait été française ? Voyage dans le temps sur la rade de Toulon La famille de mon épouse Germaine Girault Deuxième métier : planteur de tabac Mélusine de Lusignan Interview 1 (texte) Aux origines de la famille Une orientale en Provence Quatrième métier : guide de chasse Premier métier : menuisier-ébeniste La ligne acadienne Paris Tour Eiffel Plaidoyer pour la nuit vraie Cinquième métier : chef de chantier La génération de mes parents au XXe siècle La branche Bourlaud au XIXe siècle Septième métier : militaire de carrière Reportage sur Stéphanie Cadel et la Caravane Sur le chemin des écoliers Les métiers des Bourlaud Les Huguenots au Canada Mélusine Plantons le décor Quand l'Amérique était française L'héritage du bagne Mélusine : le comte de Lusignan Les Mormons et la généalogie Nos Bourlaud jusqu'au XVIIIe siècle La Bretagne accueille les Acadiens La reconstruction Gaius 2 Mélusine : la chasse Mélusine : la trahison de Raymondin Les émigrés français en Acadie : leur patrimoine La Noiraude Mélusine : la fuite du chasseur Interview 2 vidéo Les émigrés français en Acadie : leur vie quotidienne Notre arbre selon Geneanet D’Emigrés à Réfugiés, les Français en Acadie, les Engagés

Stéphanie Cadel
et la caravane
Services
Rubriques

FermerAllez-donc voir ailleurs

FermerC'est ma terre

FermerC'est nous aussi

FermerHumour, Humeur

FermerPays

FermerTechno

FermerÉcologie

derniers billets
C'est nous

Fermer Claude

Fermer Daniel

Fermer Jacques

Fermer Katryne

Fermer Les mercenaires de Gaius Rufus

Fermer Raymond

Fermer Stéphanie

Familles, etc ...

Fermer A la source

Fermer Acadie : découverte

Fermer Acadie : la vie là-bas

Fermer Découvertes

Fermer Poitou

Fermer Retour au vieux pays

Le Forum
Les news
^ Haut ^
  Aller en Haut - Go Up
Aller en bas - Go Down